Jour 23 à 26 – Guatemala – Antigua et une rencontre… Explosive!

2016-10-04 – Jour 23 – San Cristobal de las Casa, CH à Antigua, Guatemala (483 km – 9:00 hrs)
2016-10-05 – Jour 24 – Antigua, Guatemala
2016-10-06 – Jour 25 – Antigua, Guatemala
2016-10-07 – Jour 26 – Antigua, Guatemala (271 km – 5:30 hrs)

C’est avec enthousiasme que je quitte San Cristobal de las Casas afin de franchir une étape importante de mon voyage, qui est d’accéder à l’Amérique Centrale.

Je n’ai jamais visité le Guatemala et même si je m’attends à plusieurs similitudes avec les pays de l’Amérique latine que je connais, c’est un page de voyage importante qui se tourne.

Je quitte mon Amérique du Nord vers des terres inconnues qui seront, j’en suis certain, captivantes, mais aussi, qui représentent un défi de logistique et d’adaptation.

Mon départ s’est fait promptement et les 3 heures pour atteindre la frontière du Guatemala se sont passé sans même que je réalise le temps et la distance. L’excitation et une certaine appréhension d’un passage frontalier de réputation complexe y sont certainement pour quelque chose!

Je décide de faire le plein juste avant la frontière. Je m’assure de demander au préposé s’il est possible de payer avec ma carte de crédit, car la veille, j’avais changé tous mes Pesos en Quetzals. Je savais que j’avais certains frais à payer pour entrer au Guatemala.

Afin de simplifier la situation avant la frontière, je tente de payer avec mes 2 Visas sans succès… La machine ne fonctionne plus… Je demande donc au jeune homme qu’est-ce que nous pouvons faire? Il ne me propose rien, il reste juste près de moi sans rien dire. Je lui propose alors de payer en dollars américains. Il ne semble pas trop enthousiaste à l’idée sauf que les options ne sont pas trop diverses!

Les quelques litres que ma moto a engloutis affichaient un montant à payer de 115 pesos. Je sors mon iPhone et montre au préposé le taux de change en US qui donne 6$. Tout d’un coup, il se réveille et me demande 20$!

Oups… No señor, no voy a darte el doble (désolé mon ami, je ne payerai pas le double! Quel bonheur de pouvoir envoyer promener quelqu’un dans sa langue!).

Après quelques minutes, je finis par ajouter 1$, lui souhaite une bonne journée et quitte sans plus de formalités.

Il serait de vous mentir de prétendre que je n’ai pas eu quelques petites appréhensions 5 minutes plus tard à un point de contrôle de la police et de l’armée! Mais bon, ils m’ont simplement signalé de continuer ma route sans plus. Ouf! Quelle sortie du Mexique, j’espère que c’est la fin de mes problèmes pour la journée!

La frontière entre le Canada et les États-Unis est relativement simple à franchir. Malgré certains douaniers américains parfois un peu trop…. rigoureux, la procédure est relativement simple et je l’ai fait des centaines de fois. On franchit la frontière canadienne sans devoir s’immobiliser, on continue vers les États-Unis où cette fois, on doit s’arrêter pour le petit interrogatoire (et parfois une fouille, qualifiée d’aléatoire, mais très rarement) et c’est tout, on entre dans le pays. La procédure de retour au Canada est semblable, avec la différence que nos douaniers tentent, si bien que mal, de nous faire passer pour de grands voleurs si nous osons entrer au pays avec 3 bouteilles de vin au lieu du maximum permis de 2!

Le processus est grandement différent en Amérique latine.

Étape 1, il faut obtenir visa de touriste, pour lequel il faut aussi parfois payer des frais, qui varient d’un pays à l’autre. Pour le Mexique c’était environ 25$. Ensuite, il faut, contrairement aux passages entre le Canada et les É.-U., passer par une procédure d’importation temporaire de véhicules, si, comme dans mon cas, on entre dans le pays en moto (même chose en auto évidemment). Pour le Mexique, j’avais fait la procédure sur internet et payé des frais ainsi que laissé un dépôt de 500$ afin de sécuriser la sortie du véhicule du pays.

J’ai donc dû arrêter du côté mexicain au comptoir de l’immigration afin d’annuler mon visa de touriste. Aucuns frais, car j’avais payé à l’entrée et j’avais en ma possession les reçus.

Ensuite, je dois me rendre aux douanes où se trouve l’organisme qui s’occupe de l’importation temporaire des véhicules, El Banjercito.

Je suis chanceux, dans chacun des cas, aucune attente, je suis le seul à sortir ou entrer au Mexique.

La procédure est simple, mais prend quand même 30 minutes. Le responsable doit faire d’innombrables entrées dans son système, faire des photocopies, et finalement, sortir afin de prendre des photos de La Gorda (c’est ne non officiel de ma moto pour ce voyages, qui signifie en espagnol, la grosse [fille], the fat one!) Je ne sais pas si ma cousine Josée va lire mon blogue, mais j’ai une petite pensée pour elle!).

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Ensuite, je me dirige vers la frontière physique qui est 4 km plus au sud. Ce n’est pas très bien indiqué et il faut garder sa gauche à l’embranchement. Tout à coup, le chaos commence.

Quel spectacle! C’est un total bordel! La route rétrécit pour devenir quasi une seule voie et des dizaines, voire des centaines de petits commerces sont installés la, tout bonnement, pour vendre je ne sais pas trop quoi, à je ne sais pas trop qui. Mais leur nombre est impressionnant.

J’avais trouvé des photos sur internet identifiant les contrôles d’immigration et de douane. Avant même de pouvoir me diriger vers ceux-ci, je me fait arrêter par une personne qui fumigène ma moto. 11 quetzals et une facture fournie pour présenter à l’immigration.

10 mètres au sud, du côté droit de la rue (route rendue trop petite pour se qualifier de cette façon!) se trouve les bureaux de l’immigration. La procédure est rapide, je dois toutefois payer 10 quetzals à un jeune homme qui se trouve là, sans trop de raison. Je lui demande une facture, sans succès et le motif de ces frais. Il me répond que c’est parce que c’est ma première visite. N’importe quoi! Mais bon, un petit pot de vin de 2$, si ça peut le rendre heureux, ce n’est pas la fin du monde.

Je prends ensuite la moto et me rends un autre 10 mètres au sud afin de procéder à l’importation de celle-ci.

Des officiers en uniforme me font signe de me stationner, donc impossible de manquer l’endroit.

Je me rends à la fenêtre du guichet et débute la procédure. Les officiers sont relaxes, sympathiques et la procédure prend 45 minutes, seulement parce celui qui s’occupe de mon cas est nouveau et pose plusieurs questions à ses confrères.

Documents requis: passeport, immatriculation de la moto, permis de conduire, preuve de cancellation du permis d’importation temporaire du Mexique, reçu pour la fumigation. On me donne un formulaire et me demande de valider l’information comme le numéro de série et la plaque de la moto, et ensuite aller payer des frais de 160 quetzals dans le petit bureau qui se trouve à gauche en me spécifiant de passer devant la file qui est présente.

Je retourne ensuite au guichet de la douane et on me remet un autocollant que je dois mettre sur le pare-brise de la moto.

Et c’est fait, La Gorda et moi sommes maintenant importés au Guatemala!

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Lors de la procédure, j’ai discuté de ma possible destination pour la soirée avec les douaniers et ils m’ont indiqué qu’Antigua, une ville que je rêve de visiter depuis des années, est facilement atteignable en 4 ou 5 heures.

J’avais d’autres options un peu au nord, mais comme je voulais débuter cette visite avec un endroit de rêve et que, surtout, je désirais faire un trek en montagne, ce qui nécessite toujours quelques jours de planification, je vise donc Antigua (je ne sais pas pourquoi, mais j’adore le nom de cette ville!).

L’entrée au Guatemala est impressionnante et il y a 2 constatations initiales. Premièrement, il y a clairement une frontière physique entre les deux pays, qui est en fait une chaîne de montagnes impressionnantes, visible plusieurs kilomètres au nord. Ensuite, la densité de la population est beaucoup plus dense. Les maisons (lire: cabanes) sont présentes partout et il est très rare de rouler un kilomètre sans présence humaine (lire: parfois animale!).

La route est pleine de courbes, de piétons, d’animaux, d’autobus (appelés ici ‘chicken bus’) plus colorés les uns que les autres (lire: plus polluant les uns que les autres!), de trous, de topes, de je ne sais pas trop quoi, rendant la conduite un vrai défi.

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Je dois dire que je me suis amusé comme un gamin et les 5 heures de route ont été un réel plaisir! C’est exactement pourquoi je suis ici en moto! Je me suis faufilé entre tous ces obstacles et comme bonus, après la ville (lire: le foutu bordel) de Los Encuentros, la route de campagne à 2 voies est passée à une large route de 4 voies, avec une chaussée parfaite et d’innombrables courbes en montagne. Je m’en suis donné à couleur joie! Un paradis pour La Gorda et son humble pilote.

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J’arrive à Antigua vers 15h00, ayant profité d’un changement de fuseau horaire en ma faveur.

L’ancienne capitale du Guatemala est impressionnante par ses séries d’immeubles relativement bas, mais surtout, anciens et parfois, antiques et historiques.

Les rues ne font pas exception à ceci. Elles sont faites de pierres inégales et très cahoteuses. Disons-le, la moto choisis plus que moi où elle décide d’aller!

Je commence mes recherches pour un hotel mais les prix sont très élevés versus la qualité. Je visite quelques endroits et après une heure, je me résolus à y aller pour La Posada San Vicente. Rien de trop chic, un peu trop cher à mon goût, mais bien situé près du centre et on me laisse entrer ma moto dans la cour intérieure. Le seul problème c’est que quand je tente d’entrer, la Gorda, ayant pris un peu de poids depuis le départ, ne passe pas dans la porte!

La moto est perchée entre la rue et la porte, sur le trottoir mince, sans entrée, et très élevé par rapport à la rue en pierre. Je suis donc pris et ne suis plus capable de reculer! Je dois me résoudre à enlever mon sac à dos et les deux paniers latéraux afin de pouvoir me faufiler dans la porte et le long couloir jusqu’à la cour intérieure, tout cela pendant que les véhicules me klaxonnent, que les piétons me donnent l’air contrarié, un beau 31 degrés Celsius et mon ensemble de moto qui commence à se détremper de l’intérieur! Que de plaisir!

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Mais je garde le sourire, car ça fait partie de l’aventure et ce genre de situations deviennent finalement de bons souvenirs cocasses.

Je passe la soirée à déambuler dans les rues afin de découvrir la ville qui est quand même petite en taille, mais qui offre une belle dynamique due à la présence en grand nombre de touristes de partout dans le monde.

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Je tente de me trouver un resto abordable, mais je constate que les prix ici sont beaucoup plus élevés qu’au Mexique. Un choc!

Je me retrouve finalement dans un petit resto, comme l’indique son nom, parfait pour les voyageurs, avec des prix raisonnables et une ambiance sympathique, mais aucunement Latine, à par la chef qui me concocte un bon repas et me compte la petite histoire de sa vie, qui est finalement passionnante!

Travel Menu
6a Calle Poniente, Antigua Guatemala, Guatemala https://goo.gl/maps/6hs2iBwmYeG2

La journée suivante débute par une belle sortie de jogging, prévue initialement pour 10 km, mais qui s’est terminée par presque le double! J’ai trouvé un petit chemin de terre qui m’a amené à des villages en périphérie de Antigua et qui m’a fait voir des endroits plus authentiques.

Cette course était vraiment plaisante et pour tout le trouble de traîner des souliers de course peut-être depuis quelques semaines, ce genre de sortie me fait vraiment apprécier l’effort (en plus de limiter les dégâts d’une alimentation un peu bâclée depuis mon départ!).

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Je passe ensuite une partie de la journée à planifier un trek de 2 jours que je désire faire, afin de faire l’ascension d’un volcan.

Je trouve finalement une compagnie et réserve ma place avec un groupe pour un départ le lendemain.

Jeudi, nous quittons vers la base du volcan de Acatenango, située dans le petit village de La Soledad.

La particularité de ce trek est qu’il permet de s’approcher et de vivre l’activité du volcan voisin, le Fuego, qui est encore très actif.

La montée est intéressante, mais un peu ralentie par certains membres du groupe qui sont très lents. Les paysages sont très changeants et nous passons par des terres agricoles, une forêt de pins, une forêt tropicale et une suite, la haute montagne, tout cela en 5 heures.

J’en profite pour utiliser ma tente pour la première fois. Quel bonheur!

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Le plus impressionnant de cette journée viendra une fois le campement organisé. L’endroit est toujours couvert par les nuages en après-midi, ce qui empêche de voir, mais l’audition à pris la relève de belle façon.

Le volcan Fuego, qui se trouve directement en face, explose littéralement à de multiples reprises, émettant un vrombissement impressionnant, une sorte d’explosion très grave. Mais ensuite, le bruit de grosses pierres retombant au sol sans arrêt, émettant des vibrations presque à aussi fortes que le boom initial.

Et cela s’est continué toute la soirée, et aussi durant la nuit, avec la seule différence qu’il, était possible, parce que le ciel s’était dégagé, de voir les coulées de larve et les flammes sortir du volcan.

Spectaculaire.

Mais le spectacle qui m’attendait le lendemain matin allait s’avérer tout aussi majestueux.

La raison qui explique pourquoi ce trek est fait en 2 jours est que, comme mentionné précédemment, l’endroit est habituellement couvert dès les premières heures de l’après-midi. Il est donc uniquement possible de voir la fantastique scène qui nous entoure que tôt le matin.

Et tôt (lire: très, très, très tôt) le matin, vers 3:45, nous avons débuté l’ascension de la dernière portion du volcan afin d’être au sommet pour le lever du soleil.

Je vais laisser les prochaines images vous décrire la scène…

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Je n’ai fait qu’effleurer le Guatemala et ce fut plaisant. Ce n’est pas parce que j’ai peu d’inspiration de visiter plus en profondeur le pays que celui-ci n’a pas beaucoup à offrir. La présence de nombreux jeunes touristes en est une preuve!

J’ai toutefois une date à respecter pour le passage du Panama à la Colombie et demain, je continue ma progression vers le sud et traverserai une autre frontière, celle du Salvador.

À suivre!

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Marc Ouellet

Aventurier dans l'âme. En route vers l'Amérique du Sud sur 2 roues bientôt!

1 Commentaire
  • Stephane
    Répondre

    Tout un aventurier! Photos hors de l’ordinaire.

    1. Marc Ouellet
      Répondre

      Merci Stéphane! C’est un plaisir de t’avoir à bord!

  • Michel
    Répondre

    super voyage aventure et très bien présenté , merci de partager avec nous , je dois apprendre l’espagnol

    1. Marc Ouellet
      Répondre

      Merci Michel (cousin?)!

      Si c’est bien mon cousin, malheureusement, à ton age, c’est probablement trop tard! 🙂 Joke!

      À +

  • Chantal Cournoyer
    Répondre

    Superbes photos des volcans Marc !

    1. Marc Ouellet
      Répondre

      Merci!

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